Mots nouveaux du Petit Larousse 1907


Compte-rendu du Petit Larousse 1907

Les éditions Larousse ont eu l’excellente idée, à l’occasion du centenaire du Petit Larousse en 2005, de publier un fac-similé de la toute première édition du dictionnaire, qui était parue fin 1905 avec le millésime 1906.

Jusque dans les années 1960, le Petit Larousse n’est pas uniquement actualisé une fois par an comme c’est aujourd’hui le cas, mais plusieurs fois. Ses différents éditions (rebaptisées « tirages » dans les années 1960), qui correspondent à un nombre limité d’exemplaires fabriqués, sont numérotées dès la première édition.

Les articles nouveaux du Petit Larousse 1907 sont disponibles sur cette page, les mots nouveaux de l’un des premiers Petit Larousse. Cette liste renseigne beaucoup sur le mode de fabrication et de mise à jour de ce dictionnaire au début du XXe siècle. En effet, sur les 60 articles nouveaux, la plupart se situent dans la première partie de l’alphabet. Ce qui ressemble à un profond déséquilibre dans la mise à jour traduit en fait le mode de travail des lexicographes, qui travaillaient à un autre rythme que celui auquel on est habitué aujourd’hui. Pour le comprendre, il faut avoir à l’esprit que le procédé de composition et d’impression employé était l’assemblage manuel de caractères mobiles en plomb, sur des plaques encrées et pressées contre le papier, et ce jusqu’à l’arrivée de la photocomposition dans les années 1960. Comme le Petit Larousse était destiné à être réimprimé régulièrement, les plaques de plomb n’étaient pas aussitôt déconstruites (comme c’était le cas dans la majorité des impressions), mais conservées. Ainsi, quand les lexicographes voulaient procéder à une correction, ils modifiaient simplement la plaque correspondante. À partir du prochain tirage, la correction serait imprimée.

Donc les lexicographes modifiaient les plaques au fil de leurs corrections, sans la pression d’une date limite pour produire une nouvelle édition. Plusieurs fois par an, quand un tirage était écoulé, on en produisait un nouveau, en imprimant les plaques dans l’état dans lequel elles se trouvaient.

Dans les éditions 1906 (à partir du deuxième tirage) et 1907, on décèle au moins trois tâches concomitantes. En premier lieu, une mise à jour approfondie du texte dans l’ordre alphabétique, qui a notamment conduit à l’insertion d’un grand nombre d’articles nouveaux dans la lettre A. On peut alors supposer que les autres lettres seront à l’honneur dans les éditions suivantes, chacune à leur tour. En deuxième lieu, un travail de mise à jour plus léger qui touche le texte entier, sans rien de systématique. Enfin, un travail complet de relecture et de correction des erreurs qui s’étaient glissées dans la première édition. On trouve en effet beaucoup de coquilles corrigées, et notamment beaucoup de rétablissements de l’ordre alphabétique. J’ai ainsi trouvé, dans les Petit Larousse 1906 et 1907, pas moins de 55 cas de déplacement d’un article qui n’était pas rangé à son ordre alphabétique. Cela me conforte dans l’idée que la première édition d’un dictionnaire destiné à être actualisé rapidement contient des erreurs induites par l’ampleur de la tâche, et que la mise à jour suivante est alors de meilleure qualité.

Par ailleurs, sur les 1066 plaques (ou parties de plaques) qui correspondaient aux 1066 pages du Petit Larousse 1906, j’en ai trouvé 236 ayant été retouchées un an après, soit 22 %. Les 830 autres pages sont, à première vue, identiques entre les deux éditions. On n’est pas loin des mêmes chiffres que pour des millésimes plus récents. Pour les millésimes 2007 à 2011, j’avais relevé entre 21 et 28 % de pages retouchées. Cela semble être une constante dans la fabrication du Petit Larousse, hors refontes.

Autre point commun entre ce Petit Larousse 1907 et les derniers millésimes, on y trouve des articles nouveaux, des articles disparus, des fusions et des scissions d’articles (deux opérations de réorganisation de la nomenclature). Parmi les mots nouveaux, quelques-uns font aujourd’hui partie du vocabulaire courant, ou sont des mots de la vie de tous les jours. Difficile de savoir s’il agissait de néologismes du début du XXe siècle ou de rattrapages dans la nomenclature d’une première édition qui, on l’a vu, essuyait quelques plâtres.

Pour en savoir plus sur les premiers Petit Larousse, je vous propose de lire la « biographie » de ce dictionnaire, intitulée La dent-de-lion, la Semeuse et le Petit Larousse, écrite par le linguiste Jean Pruvost et publiée chez Larousse en 2005 ; et de consulter la version informatisée du premier Petit Larousse sur ce site ou, mieux, sur Nénufar.

Articles nouveaux du Petit Larousse 1907

abattu, e

abordé, e

aboulique

ajourné

anaconda → eunecte (renvoi)

andropogon

arrachoir ou arracheur

assimilé

attaquant

boriqué, e

carnification

chuintant, e

coprah, copra ou copre

coquerico → cocorico (renvoi)

coron

coryphène

cultuel, elle

déclore

délabré, e

dénué, e

dinanderie

dinandier

dissous, oute

emboîtage

énervé, e

ensoleillé, e

entiché, e

entrecoupé, e

entr’ouvert, e

épithème

épris, e

équatorien, ène

étendu, e

étranglé, e

étriqué, e

eunecte

évasé, e

fatigué, e

fer-chaud

festonné, e

flagrance

fondu, e

forhuer ou forhuir

forligner

galibot

guillemite

gynécologie

gynécologiste ou gynécologue

ignoré, e

I.H.S.

imaginative

irréel, elle

manucure → manicure (renvoi)

mentholé, e

pharamineux, euse

phobie

sérac

sierra → Part. hist. (renvoi)

tennis → lawn-tennis (renvoi)

tetée ou tétée

Mots cachés

forhu (sous forhuer ou forhuir)

garance (sous garance)

Publié le 5 avril 2013
Dernière modification : 30 décembre 2018